Transit-Exit : migration et «encampement»

Posted on 22 février 2015

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Cette semaine, je vous propose de découvrir l’exposition du photographe indépendant Guillaume Lavit d’Hautefort, sur le thème des « camps », une solution a priori à court terme, causée par la guerre ou les catastrophes naturelles, mais qui, dans les fait, s’inscrit dans la durée.

Camp de Sido sur la frontière Tchad-République Centrafricaine. Tchad, juin 2014. Photo : Guillaume Lavit d'Hautefort

Camp de Sido sur la frontière Tchad-République Centrafricaine. Tchad, juin 2014. Photo : Guillaume Lavit d’Hautefort

Texte de présentation du photographe :

Transit-Exit est une réflexion, sans itinéraire précis, tirée de croisements photographiques, de parcours de migrations. Ces dernières conduisent bien souvent aux même territoires manufacturés que sont les camps. Transit-Exit traverse six pays – Cameroun, France, Liban, Libye, Tchad, Tunisie -, parcourus depuis plusieurs années, où ces camps ne cessent de se multiplier et de se banaliser.

Ce monde de « l’encampement », résultant principalement des guerres, des conflits et des catastrophes naturelles, n’est ni une finalité, ni une fatalité.

Une jeune fille syrienne a fui les combats de Homs avec des membres de sa famille. Ils se sont installés dans le quartier de Gourhaba, à Tripoli. Leur maison est à portée des tirs de snipers de la colline de Jabal-Mohsen, favorable au régime de Bachar Al Assad. tripoli, Liban, juin 2013. Photo : Guillaume Lavit d'Hautefort

Une jeune fille syrienne a fui les combats de Homs avec des membres de sa famille. Ils se sont installés dans le quartier de Gourhaba, à Tripoli. Leur maison est à portée des tirs de snipers de la colline de Jabal-Mohsen, favorable au régime de Bachar Al Assad. tripoli, Liban, juin 2013. Photo : Guillaume Lavit d’Hautefort

Le camp, par définition, n’est pas une solution à long terme. Et pourtant, nombre d’entre eux s’inscrivent dans la durée, parfois sur plusieurs générations : 66 ans pour Chatila, 25 pour Dadaab, etc. Ils évoluent et se transforment. Certains voient naître la vie.

Ces « hors lieux » sont plus ou moins immobiles. Au « Nord », on les démantèle à l’aube au bulldozer, pour en chasser les indésirables habitants. Dans les pays du « Sud », ils constituent pour les gouvernements nationaux et les acteurs de l’aide humanitaire un mode de gestion de l’urgence.

On migre d’abord proche de chez soi

Pour certains, sur les « routes » de la migration, vient le temps de l’espoir et d’un monde meilleur. Mais migrer coûte cher. Tant financièrement qu’humainement. On migre donc d’abord en terrain connu, c’est à dire proche de chez soi. Selon leur parcours, leur situation ou l’origine de la crise qu’ils ont subie, ces populations pourront se voir attribuer au terme d’un processus d’enregistrement et selon un cadre normatif international, un statut spécifique à chacun de déplacé, de réfugié, de retourné…

Transit-Exit est un travail au long cours qui tente de mêler les contiguïtés de ces migrations forcées : repères géographiques, ethniques et culturels.

Migrants de Calais, décembre 2014. Photo : Guillaume Lavit d'Hautefort

Migrants de Calais, décembre 2014. Photo : Guillaume Lavit d’Hautefort

L’utilisation de tirages sous forme « d’impression affiche » se caractérise par sa légèreté, sa rapidité d’exécution, sa transportabilité et en conséquence : sa fragilité. Des critères que l’on retrouve systématiquement dans la fabrication des abris de fortune – shelter – autant que dans la précarité et la vulnérabilité de ces migrants qui y habitent.

L’exposition est un parcours onirique sur un monde en mutation, une douleur de tous les jours. C’est aussi une pensée personnelle, par la photographie, pour le journalisme de presse, ébranlé depuis ce mercredi 7 janvier.

N’est pas « Charlie » qui veut ou qui peut !

Guillaume Lavit d’Hautefort

Lien Facebook de l’évènement.

Photographies – Installation – Film
Vernissage le mercredi 25 février 2015 de 18h à 21h.
Les 26, 27 et 28 février de 16h à 20h
Le 1er mars de 14h à 20h.

Avec le soutien d’Action contre la faim.

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